Un week-end de février en van aménagé, et votre batterie rend l’âme. Coût : 200 € de remplacement. La faute à un hivernage bâclé. Pour éviter ce genre de galère, voici les étapes clés à suivre, que vous possédiez un modèle familial ou un fourgon compact.
Pourquoi l’hivernage n’est pas une option
Laissez votre camping-car sans préparation pendant trois mois d’hiver, et vous risquez :
- Des réservoirs d’eau gelés, avec des canalisations éclatées à la clé.
- Une batterie déchargée à 30 %, bonne pour la poubelle.
- Des joints de toit fissurés, laissant passer l’eau dès la première pluie.
- Des souris qui squattent votre cellule, grignotant fils et isolant.
Résultat ? Une facture de réparation qui peut grimper à 500 €, et un véhicule cloué au garage au lieu de prendre la route. La solution ? Une préparation méthodique, adaptée à votre usage.
La checklist terrain : ce qu’il faut faire, dans l’ordre

Pour un modèle familial de 3,5 tonnes, comptez 2 à 3 heures de travail. Voici les étapes, sans rien oublier :
- Vidange totale : eaux propres, grises et noires. Ouvrez tous les robinets et la vanne du chauffe-eau. Un reste d’eau dans les tuyaux ? C’est l’assurance d’un gel et de canalisations à remplacer. Pour un van aménagé, une vidange complète prend 45 minutes.
- Nettoyage intérieur/extérieur : un camping-car propre résiste mieux aux moisissures. Passez l’aspirateur, essuyez les surfaces, et aérez avant de fermer les portes. Un truc de pro : saupoudrez du bicarbonate dans les placards pour absorber l’humidité.
- Batterie : la protéger ou la retirer : débranchez-la et stockez-la au sec, entre 10 et 20 °C. Si vous la laissez en place, branchez un chargeur intelligent. Une batterie oubliée perd 3 % de sa capacité par mois.
- Étanchéité : traquez les fuites : vérifiez les joints des portes, fenêtres et toit. Un joint durci ou craquelé ? Remplacez-le avant l’hiver. Astuce : testez avec un tuyau d’arrosage – si l’eau s’infiltre, c’est qu’il faut colmater.
- Pneus et freins : gonflez les pneus à la pression recommandée + 0,2 bar. Pour les plaquettes de frein, un contrôle visuel suffit – si l’épaisseur est inférieure à 3 mm, changez-les avant le remisage.
- Nuisibles : barricadez les accès : bouchez les aérations avec de la laine d’acier, et placez des répulsifs naturels (huile essentielle de menthe poivrée, sachets de lavande). Les souris adorent nicher dans l’isolant – et le grignoter.
Batterie : le maillon faible de l’hivernage
Une batterie mal entretenue, c’est la panne assurée au printemps. Voici comment la préserver :
- Si vous la retirez : stockez-la dans un endroit sec, à l’abri du gel. Une cave ou un garage isolé fait l’affaire.
- Si vous la laissez en place : branchez un chargeur intelligent (type CTEK) pour maintenir son niveau de charge. Sans ça, elle perd 30 % de sa capacité en trois mois.
- Pour les batteries non scellées : vérifiez le niveau d’électrolyte et complétez avec de l’eau distillée si nécessaire.
Un entretien régulier prolonge sa durée de vie de 2 à 3 ans. Sans ça, comptez 150 à 300 € pour la remplacer.
Joints fissurés, eau qui s’infiltre : les signes qui doivent alerter

L’étanchéité, c’est le talon d’Achille des camping-cars. Un joint abîmé, et c’est l’inondation assurée. Voici comment repérer les problèmes :
- Inspectez les joints : passez vos doigts sur les joints des portes, fenêtres et toit. Si vous sentez des craquelures ou des zones durcies, c’est qu’il faut les remplacer. Un joint neuf coûte 20 €, une infiltration peut coûter 500 €.
- Testez avec un tuyau : arrosez légèrement votre camping-car et observez si l’eau s’infiltre. Concentrez-vous sur les zones autour des fenêtres et des lanterneaux – c’est là que les fuites sont les plus fréquentes.
- Colmatez les petites fissures : utilisez un mastic silicone spécifique pour camping-car. Appliquez-le par temps sec, et laissez sécher 24 heures avant d’exposer le véhicule à la pluie.
Un contrôle annuel de l’étanchéité vous évitera des réparations coûteuses. Et si vous repérez une fuite, agissez vite – l’eau qui s’infiltre peut causer des courts-circuits ou des moisissures.
Gaz : les vérifications qui sauvent des vies
Le gaz, c’est pratique, mais c’est aussi dangereux si mal entretenu. Avant de remiser votre camping-car, vérifiez :
- Fermeture des bouteilles : fermez les bouteilles et purgez les tuyaux. Une fuite de gaz, même minime, peut causer une explosion.
- Détendeurs : contrôlez leur état. Un détendeur usé ou rouillé doit être remplacé – comptez 30 à 50 € pour un modèle neuf.
- Détection des fuites : utilisez un détecteur de gaz ou de l’eau savonneuse. Appliquez-la sur les raccords – si des bulles se forment, c’est qu’il y a une fuite.
- Stockage des bouteilles : si possible, retirez-les et stockez-les dans un endroit ventilé, à l’abri du gel. Sinon, assurez-vous que la ventilation de la soute à gaz est dégagée.
Un système gaz bien entretenu, c’est la garantie de voyages en toute sécurité. Et si vous avez un doute, faites appel à un professionnel – mieux vaut prévenir que guérir.
Les erreurs qui coûtent cher (et comment les éviter)
Même avec les meilleures intentions, certaines erreurs peuvent ruiner votre hivernage. En voici cinq à éviter absolument :
- Négliger la vidange : un réservoir mal vidé, c’est l’assurance de canalisations gelées et de réparations à 300 €. Pour un van aménagé, une vidange complète prend 45 minutes – pas une étape à sauter.
- Oublier la batterie : une batterie non entretenue perd 30 % de sa capacité en trois mois. Coût de remplacement : 150 à 300 €. Un chargeur intelligent coûte 50 € – un investissement rentable.
- Ignorer l’étanchéité : un joint abîmé laisse passer l’eau, causant moisissures et courts-circuits. Un joint neuf coûte 20 €, une infiltration peut coûter 500 €.
- Laisser des denrées périssables : un paquet de pâtes oublié, et c’est l’invasion de souris garantie. Passez l’aspirateur et vérifiez les placards avant de fermer les portes.
- Stationner sur un sol instable : un camping-car mal garé peut se déformer sous son propre poids. Choisissez un endroit plat et stable, et utilisez des cales si nécessaire.
Hivernage actif ou passif : lequel choisir ?
Tout dépend de votre usage. Voici comment trancher :
| Critère | Hivernage actif | Hivernage passif |
|---|---|---|
| Usage pendant l’hiver | Idéal si vous utilisez votre camping-car occasionnellement (ex. : week-ends en montagne). | Parfait si vous ne l’utilisez pas du tout pendant 3 à 6 mois. |
| Climat | Adapté aux régions où les températures restent au-dessus de -5 °C. | Recommandé pour les régions froides (températures en dessous de -10 °C). |
| Entretien | Nécessite un entretien régulier : chauffage, ventilation, contrôle de l’humidité. | Moins d’entretien, mais une préparation plus rigoureuse (vidange, protection des joints, etc.). |
| Coût | Plus coûteux (électricité, chauffage, entretien). Comptez 20 à 50 €/mois. | Moins coûteux, mais peut nécessiter des investissements initiaux (protections, isolants). |
Pour un hivernage actif, installez un chauffage d’appoint (type Truma) et ventilez régulièrement pour éviter l’humidité. Pour un hivernage passif, suivez scrupuleusement la checklist ci-dessus – et vérifiez l’état de votre véhicule tous les deux mois.
Assurance et réglementation : ce que dit la loi
L’hivernage, c’est aussi une question de conformité. Voici ce que dit la réglementation :
- Stationnement : un camping-car peut stationner sur la voie publique comme une voiture, sauf arrêté municipal. En revanche, déployer un auvent ou sortir des chaises est interdit – c’est considéré comme du camping sauvage.
- Assurance : vérifiez que votre contrat couvre les dommages liés à l’hivernage (gel, infiltrations). Certaines assurances exigent des mesures spécifiques, comme le retrait de la batterie. Sans ça, vous risquez un refus de prise en charge.
- Porte-vélos et accessoires : les vélos et porte-vélos ne sont pas toujours couverts par votre assurance auto. Vérifiez auprès de votre assureur – une garantie spécifique peut être nécessaire.
Un camping-car bien assuré et conforme à la réglementation, c’est l’assurance de voyages sans tracas. Et si vous avez un doute, consultez votre assureur ou la FFCC, qui a l’habitude des questions des camping-caristes.
En clair : les 3 points à retenir
- Vidange complète : pas d’eau dans les réservoirs, sinon c’est la catastrophe au premier gel.
- Batterie protégée : retirez-la ou branchez un chargeur intelligent. Sinon, comptez 200 € de remplacement.
- Étanchéité vérifiée : un joint abîmé, c’est l’inondation assurée. Testez avec un tuyau d’arrosage avant de remiser.
