Changer de titulaire, demander un duplicata, immatriculer un véhicule importé : chaque démarche de carte grise a son propre formulaire, son délai légal et son coût. Cette page vous oriente vers la procédure qui correspond à votre situation, que vous veniez d’acheter une voiture d’occasion ou que vous ayez perdu votre certificat d’immatriculation.
Chaque démarche de carte grise répond à des règles différentes selon votre situation.
- Le changement de titulaire après un achat doit intervenir dans le mois, sous peine d’une amende de 135€ à 750€.
- Un duplicata, une cession ou un import n’obéissent pas aux mêmes documents ni aux mêmes délais.
- Le tarif de base s’élève à 13,76€, mais grimpe vite avec la taxe régionale et le malus éventuel.
Les documents à réunir avant toute démarche
Avant de vous lancer, mieux vaut savoir ce qu’on va vous demander. La plupart des démarches de carte grise s’appuient sur un socle commun de pièces : une pièce d’identité, un justificatif de domicile de moins de six mois, le formulaire Cerfa qui correspond à votre situation (le 13750*08 pour un changement de titulaire) et l’ancien certificat d’immatriculation. Pour un véhicule de plus de quatre ans, ajoutez un contrôle technique de moins de six mois, sans quoi le dossier est rejeté. Selon l’ANTS, l’absence d’une seule pièce suffit à bloquer la validation en ligne : mieux vaut vérifier la liste complète propre à votre démarche avant de commencer.
Où faire sa carte grise en 2026 : trois options possibles
Trois canaux existent pour déposer un dossier de carte grise, et aucun ne passe plus par le guichet de préfecture depuis la fermeture de ce service en 2017. Premier canal : le site officiel de l’ANTS, gratuit, où vous créez un compte et suivez chaque étape du dossier. Deuxième canal : un professionnel habilité (garage, concessionnaire, mandataire agréé), qui facture des frais de dossier en plus des taxes officielles, mais qui traite la demande à votre place. Troisième canal : les points numériques installés dans certaines mairies et maisons France Services, pensés pour les personnes peu à l’aise avec les démarches en ligne.

Le choix dépend surtout du temps que vous voulez y consacrer. L’ANTS ne coûte rien de plus que la taxe légale, quand un professionnel facture en général 20€ à 100€ de frais de service selon les cas.
Changement de titulaire : la démarche la plus courante
Vous venez d’acheter une voiture d’occasion ? La loi vous donne un mois, pas plus, pour mettre la carte grise à votre nom. Passé ce délai, l’amende varie de 135€ à 750€, d’après l’ANTS. Le dossier réunit le Cerfa 13750*08, un justificatif de domicile récent, l’ancienne carte grise barrée avec la mention vendu et la date de cession, et un contrôle technique de moins de six mois si le véhicule a plus de quatre ans.

Côté budget, comptez au minimum 13,76€ (11€ de taxe fixe plus 2,76€ de redevance d’acheminement), auxquels s’ajoute la taxe régionale calculée sur la puissance fiscale du véhicule. Dans les faits, le coût total oscille le plus souvent entre 200€ et 500€ selon la région et la puissance de la voiture. Le traitement du dossier prend en général 7 à 10 jours quand tous les documents sont réunis dès le départ, avec un envoi du certificat sous 3 à 5 jours ouvrés après validation. Si vous voulez éviter les erreurs de dossier, la page dédiée au changement de titulaire liste les pièces exactes selon votre cas, y compris pour un achat hors de votre région.
Duplicata et modifications : quand la carte grise existante doit changer
Toutes les démarches ne partent pas d’un achat. Une carte grise perdue, volée ou abîmée donne lieu à un duplicata ; un changement d’adresse, de nom après un mariage, ou l’ajout d’un attelage donne lieu à une simple modification. Les documents varient à chaque fois, mais le principe ne change pas : le certificat d’immatriculation doit toujours correspondre à la situation réelle du véhicule et de son titulaire.
Le cas de la succession illustre bien la difficulté. À la mort du titulaire, aucun duplicata n’est possible à son nom. Les héritiers doivent choisir entre mettre le véhicule à leur nom, avec certificat de décès, livret de famille complet et attestation signée par tous les héritiers pour une succession simple, ou le vendre, avec une déclaration de cession préalable si c’est cette option qui est retenue. La page duplicata et modifications explique la marche à suivre selon la configuration familiale.
Cession et achat : sécuriser la transaction avant l’immatriculation
Une cession mal préparée retarde toute la suite. Le vendeur doit remettre un certificat de cession signé des deux parties, un certificat de situation administrative de moins de 15 jours, et, pour un véhicule de plus de quatre ans, un contrôle technique de moins de six mois. Sans ce dernier document, l’acheteur ne peut pas immatriculer le véhicule à son nom, même si le reste du dossier est complet.
Côté cession et achat, plusieurs pièges reviennent souvent : une carte grise mal barrée, un compteur kilométrique qui ne correspond pas à celui déclaré, ou un ancien titulaire injoignable pour signer. Anticiper ces points avant la signature évite des allers-retours avec l’ANTS.
Immatriculation et import : les démarches propres aux véhicules venus d’ailleurs
Un véhicule acheté à l’étranger, même dans l’Union européenne, ne roule pas légalement en France tant qu’il n’a pas son propre certificat d’immatriculation. Il faut d’abord un quitus fiscal, preuve que la TVA a bien été réglée, un certificat de conformité européen ou une réception à titre isolé, puis l’immatriculation définitive. En attendant, une plaque provisoire WW permet de circuler le temps du dossier.

Les démarches d’immatriculation et import diffèrent sensiblement selon que le véhicule vient d’un pays de l’UE ou d’ailleurs, et selon son âge. Un modèle de plus de 30 ans échappe à certaines contraintes, sans pour autant se dispenser de l’immatriculation classique.
Malus écologique et taxes : ce qui s’ajoute au prix de base
La taxe régionale n’est pas le seul poste qui gonfle la facture. Un véhicule neuf ou d’occasion récent peut être frappé d’un malus écologique calculé sur ses émissions de CO2, parfois plusieurs milliers d’euros pour les modèles les plus puissants. Une taxe additionnelle sur la puissance administrative complète parfois la note pour les véhicules les plus lourds.
Le montant final dépend de la date de première immatriculation et du barème en vigueur au moment de la démarche, pas au moment de l’achat du véhicule. Pour connaître le barème applicable à votre voiture, mieux vaut consulter la page malus et taxes, qui suit les mises à jour réglementaires au fil de l’année.
Contrôle technique : un document à vérifier avant de déposer le dossier
Le contrôle technique revient dans presque toutes les démarches vues plus haut, et pour cause : sans un contrôle de moins de six mois, un véhicule de plus de quatre ans ne peut ni être cédé, ni être immatriculé au nom d’un nouveau titulaire. Un contrôle technique refusé, avec contre-visite en attente, bloque tout autant le dossier.

Vérifier la date de validité avant de lancer une démarche évite un aller-retour au centre de contrôle en pleine procédure de carte grise. La page contrôle technique répertorie les points qui provoquent le plus souvent une contre-visite, utile à connaître avant une cession.
Suivre son dossier et anticiper les retards après l’envoi
Une fois le dossier déposé sur l’ANTS, l’espace personnel affiche l’avancement en plusieurs étapes, de la réception à l’envoi du certificat définitif. Un dossier classé « en attente de pièce » signale presque toujours un document flou ou une pièce manquante, à corriger rapidement pour ne pas relancer tout le circuit de validation. Le certificat provisoire d’immatriculation, imprimé depuis l’espace ANTS dès la validation du dossier, permet de circuler légalement pendant l’attente de la carte grise définitive.
Passé 15 jours sans nouvelle après un dossier complet, un appel au numéro national de l’ANTS (3400) ou une réclamation via le formulaire de contact permet de débloquer la situation, faute de guichet physique à contacter. Garder une copie numérique de chaque document envoyé évite de tout reconstituer en cas de litige sur le dossier.
Erreurs fréquentes et idées reçues sur la carte grise
Certaines croyances circulent encore. La plus répandue : croire qu’un déménagement dans un autre département oblige à changer de numéro d’immatriculation. Ce n’est plus vrai depuis 2009 et le passage au système SIV national : le numéro de la plaque ne dépend plus du département de résidence, et aucune démarche spécifique n’est nécessaire pour ce seul motif.
Autre confusion fréquente : penser qu’un duplicata peut être demandé au nom d’un proche décédé pour accélérer les choses. Ce n’est jamais possible. Le véhicule doit d’abord passer au nom d’un héritier, ou être vendu par la succession, avant toute autre démarche.
Une dernière confusion touche le contrôle technique : certains automobilistes pensent qu’une contre-visite en cours n’empêche pas la vente, tant que le rapport initial existe encore. Dans les faits, un contrôle technique refusé bloque la cession jusqu’à l’obtention d’une contre-visite favorable, quelle que soit l’ancienneté du rapport initial.
Délais et coûts à anticiper selon la démarche
Les montants et délais officiels varient nettement d’une situation à l’autre. Voici les repères à retenir avant de démarrer un dossier.
| Démarche | Délai légal | Coût indicatif |
|---|---|---|
| Changement de titulaire (achat d’occasion) | 1 mois après l’achat | Dès 13,76€ + taxe régionale (200 à 500€ en moyenne) |
| Succession | Aucun délai légal fixé, à traiter rapidement | Environ 13,76€, hors frais de succession |
| Duplicata / modification | Variable selon le motif | Variable selon la nature de la modification |
Identifier d’abord votre situation exacte permet de choisir la bonne page et d’éviter les allers-retours avec l’ANTS.
